Connaissez-vous Dominique-Vivant Denon (1747-1825)? Il fut le premier directeur du Musée du Louvre et est aujourd’hui habilement recyclé sur le site web du Louvre afin de proposer des animations virtuelles sur les collections, ainsi que pour vulgariser certaines sections du site web. Tout cela au bénéfice des enfants (les petits comme les grands enfants!).
On peut recourir à ses services virtuels selon deux options. Soit on clique sur son buste, situé en haut à droite des pages web, afin d’ «activer l’interface enfant» (ou pour le désactiver), ce qui nous permet d’entendre ses commentaires sur de nombreuses pages du site web. L’autre façon d’entendre ses commentaires se présente aussi à partir de la page d’accueil du Musée. Le baron Denon apparaît et nous propose de le suivre dans son atelier.

Une fois dans son atelier, une série d’animations sont proposées. (J’en ai comptées 29, bien que le communiqué de presse en mentionne une cinquantaine). Ces capsules, dont la durée varie entre 30 et 45 secondes, proposent une interprétation d’une œuvre d’art de la collection. Le personnage apparaît en surimpression de la page, et raconte une mise en contexte sur l’objet, habituellement accompagnée d’une anecdote que l’enfant pourra retenir. Par la suite, nous pouvons soit cliquer sur le personnage «pour écouter à nouveau l’animation» ou cliquer sur une nouvelle icône qui apparaît afin d’accéder à une nouvelle animation. Parfois, le personnage disparaît au profit d’un court film d’animation racontant une anecdote – toujours véridique – sur l’objet. Une fois l’animation terminée, il est aussi possible de lire le texte proposé dans le site web «normal», afin de combler notre curiosité. Les animations sont parfois redondantes avec le texte mais le plus souvent, elles comportent des informations qui ne sont pas révélées dans le texte.
J’ai particulièrement apprécié «le convoi nocturne» qui raconte le déménagement du «Radeau de la Méduse» en 1939, ainsi que «Le casque et le puit», où l’on apprend les circonstances de la disparition puis de la découverte du casque de parade de Charles VI – en 169 morceaux – au fond d’un puits. Parmi les capsules visionnées, celle que j’ai préférée concerne «le portrait du Roi-Soleil» . On y apprend les secrets de la réalisation de cette peinture, et les enfants sont sensibilisés au fait que les peintures prennent beaucoup plus de temps à réaliser que de prendre une simple photo. Intéressant.
Mis en ligne en octobre 2008, ce projet nommé «Lupicatule» a fait appel à des auteurs et à un illustrateur de littérature jeunesse, et a pris plus de trois ans à réaliser. Les objectifs du projet consistaient à «donner envie à l’enfant de voir les œuvres “en grand”», ainsi qu’à mieux les préparer pour une visite, selon le président du Musée du Louvre, Henri Loyrette. [ http://www.lest-eclair.fr/index.php/cms/13/article/194670/ ]. À ce propos, nous pouvons dire «mission accomplie» puisque le visionnement de plusieurs capsules a piqué ma curiosité. Le niveau de langage semble approprié et le personnage choisi, Dominique-Vivant Denon, peut aussi retenir l’attention des enfants par sa personnalité et ses comportements variés.
Quelques bémols:
Je pense que les sujets abordés et le niveau d’information s’adressent davantage aux 13 ans et moins. Également, le temps de téléchargement peut parfois aussi sembler long (de nombreuses secondes) à des jeunes habitués à l’instantanéité. Il m’est aussi arrivé de devoir recharger une page à plusieurs reprises car la capsule arrêtait de fonctionner au bout d’un certain temps. Enfin, certaines capsules manquent d’information, comme celle intitulée «La souris voleuse», où j’ai appris qu’il manquait un bout de toile sur une peinture…
Enfin, pour ma part, cela constitue une belle découverte, et suscite une question: quels musées québécois peuvent se vanter d’être aussi accessible à la clientèle des jeunes?